À l’heure où la démocratie traverse de profondes fragilités, renforcer la participation des jeunes n’est plus une option, mais une nécessité. Nous avons demandé à Noé, arrivé en début de cette année dans notre équipe en tant que chargé de projets, pour interroger sa vision de la participation des jeunes en 2026 et les conditions indispensables à une démocratie plus inclusive.
Partout dans le monde, on observe une mobilisation et un engagement sans précédent de la jeunesse. Du Maroc, où la génération Z s’est mobilisée de manière inédite pour la justice sociale et contre les inégalités, à Madagascar et au Népal, où des protestations portées par les jeunes ont contribué à des changements politiques majeurs, allant jusqu’à la chute de gouvernements, une chose est claire : les jeunes veulent se faire entendre.
Cette dynamique s’observe aussi ici, en Belgique. Ces dernières années, les jeunes ont été massivement présents dans les marches pour le climat, lors des grandes mobilisations sociales, notamment contre les mesures du gouvernement Arizona à l’automne 2025, mais aussi dans de nombreux mouvements sociétaux, qu’il s’agisse de la lutte contre le racisme, de la défense des droits des femmes ou de la justice sociale. arallèlement, de nouvelles formes de mobilisation émergent : actions sur les réseaux sociaux, mobilisations scolaires, initiatives citoyennes locales, qui témoignent d’un engagement bien réel, mais souvent en dehors des cadres institutionnels traditionnels.
Pourtant, une question demeure : les jeunes sont-ils réellement entendus ? Leurs attentes semblent encore trop souvent ignorées, et le lien de confiance entre les jeunes et les institutions démocratiques apparaît plus fragile que jamais. Ce décalage entre une jeunesse mobilisée et des espaces de décision peu accessibles nourrit le sentiment d’invisibilité et de désillusion politique.
A l’heure où la démocratie est en crise et voit ses gardes-fous tomber un par un, stimuler la participation citoyenne des jeunes, c’est répondre à ce défi et renforcer l’idéal démocratique. C’est permettre l’émergence de politiques publiques plus justes, plus inclusives, mieux ancrées dans les réalités vécues par les jeunes et davantage tournées vers l’avenir. Impliquer les jeunes, leur permettre de prendre leur place, c’est reconnaître la valeur de leur expérience, de leur créativité et de leurs engagements. Ne pas agir aujourd’hui, c’est prendre le risque de voir s’installer durablement le désengagement, la défiance envers les institutions, une radicalisation des idées et l’éloignement d’une partie de la jeunesse vis-à-vis du projet démocratique.
Face à une jeunesse mobilisée mais insuffisamment entendue, il est aujourd’hui indispensable de passer de la simple expression à la co-construction de politiques publiques avec les jeunes. C’est précisément l’ambition de Jeune et Citoyen : créer des espaces concrets où les jeunes peuvent s’exprimer, participer et peser réellement sur les décisions publiques qui les concernent.
Noé De Bauw – Chargé de projets – animation – formation
Donne-nous ton avis
sur notre nouveau site Internet.